Professeurs 2011

Emile Naoumoff   Simon Zaoui
 
Emile Naoumoff est ne le 20 fevrier 1962 a Sofia, en Bulgarie dans une famille de grands amateurs de musique : "Ma grand mere paternelle etait professeur de solfege et mon pere a joue du hautbois, du violon et de l'accordeon, instrument pour lequel il a meme ecrit un manuel d'instruction avant de se consacrer a la cancerologie". En presence d'un piano, des sa tendre enfance, il etait fascine par les sons qu'il emettait..."surtout le re bemol grave en combinaison avec le fa central, je ne sais toujours pas pourquoi...J'ai egalement travaille l'orgue aupres d'Andre Marchal et suis fascine par le clavecin ".
Il prend ses premieres lecons de piano en Bulgarie avec Liliana Panaiotova a l'age de cinq ans : "Je me souviens du jour ou elle m'a revele le nom des notes sur les sons que je situais deja…"
A huit ans, suite a une audition aupres de Nadia Boulanger a Paris, deja octogenaire, Emile Naoumoff quitte la Bulgarie avec ses parents :"Le diplome medical de mon pere lui permettait d'exercer, bien qu'a un poste bien moindre, a Berlin Ouest de l'epoque d'ou il envoyait de l'argent afin que ma mere et moi puissions vivre a Paris afin que je puisse etudier aupres de Mademoiselle Boulanger, qui lors de l'audition m'avait choisi comme son dernier disciple. Grace a l'abnegation de mes parents j'ai pu ainsi travailler aupres d'elle presque dix ans. J'en garde la jubilation, l'humilite , de la tolerance envers les autres et sans merci avec soi-meme, une demarche d'etre."
Tres jeune enfant il compose : "Au tout debut je ne pouvais qu'improviser au piano et mon pere enregistrait sur une bande magnetique de l'epoque et transcrivait sur papier ainsi en dictee. Aupres de Mademoiselle Dieudonne, assistante de Mademoiselle Boulanger, j'ai pu apprendre a noter en solfege mes pensees musicales de plus en plus complexes. Mon premier concerto pour piano et cordes ecrit a neuf ans et donne en concert a 10 ans sous la direction de Yehudi Menuhin a ete rejoue maintes fois depuis (dont avec l'orchestre de chambre de Toulouse) sans l'excuse de la jeunesse et tient autant la route comme cela fut le cas deja a l'epoque."

Emile Naoumoff entre au Conservatoire National Superieur de Musique de Paris en 1975, il suit les cours de piano de Lelia Gousseau disciple de Lazare Levy, de Musique de chambre de Genevieve Joy, de dechiffrage aupres de Jacqueline Robin,et d'analyse aupres de Francoise Gervais. Puis son troisieme cycle de piano aupres de Pierre Sancan et de musique de chambre aupres de Genevieve Joy. Il obtient ses premiers prix a l'unanimite avec les felicitations du jury en 1978...."Mademoiselle Boulanger exercait une autorite morale naturelle aupres de certains de mes professeurs du conservatoire telle Lelia Gousseau : un jour lors d'une soiree d'anniversaire en mon honneur elle a ose dire par gene d'un trop long silence impose par mademoiselle Boulanger suite a une execution de ma part du 13eme nocturne de Faure "qu'il etait joli son Faure" ce a quoi Mademoiselle Boulanger lui repondit : Apprenez madame que Faure est beau ou ne l'est pas …"
Il suit egalement les cours de Pierre Dervaux a l’Ecole Normale de Musique de Paris : "Il etait un artisan de son art plein de verve et d'humour qui nous declarait en plein travail de direction d'orchestre que la variation en do majeur dans la marche Funebre de la Symphonie de Beethoven etait "…enfin l'heritage " …ironie de l'histoire lors de son enterrement l'orchestre joua cette marche et ses anciens eleves firent un leger sourire lors de cette variation jouee dans ces circonstances tristes. Je dois dire que ses seances de "de detections de fautes " …etaient, pour nous eleves-chefs, de vrais etapes de montagne de tour de France…"
S'il n'avait ete musicien Emile Naoumoff confie qu'il aurait aime devenir archeologue : "Je le suis devenu un peu a ma maniere avec mon desir de sortir de l'oubli l'oeuvre pour piano de Gabriel Dupont... ma reconstitution de la sonate pour piano de Gould pour Sony il y a quelques annees deja, de meme que le theme et variations de Lili Boulanger pour Naxos …"
Emile Naoumoff a obtenu divers prix dont la medaille de la Ville de Paris puis le prix de l'Academie des Beaux-Arts."Les prix honorifiques que je recevais avaient une valeur de fierte pour ma maman." Il est egalement lui-meme membre de differents jurys mais a un regard tres mesure sur cette activite :"Je prefere aider altruistement par l'enseignement meme si cela ne constitue que des graines semees pour une floraison future aupres de jeunes pour leur propre epanouissement que de jouer "la nouvelle star"…"
Emile Naoumoff fait regulierement des tournees dans le monde entier et participe a de tres nombreux festivals. A la question d'evoquer un de ses meilleurs concerts il repond :" Je garde un souvenir emu de la creation de mon concerto des tableaux de Moussorgsky a Washington en 1994. A la demande et sous la direction de Rostropovitch. La veille de la premiere repetition, il rentrait de je ne sais plus quel coin du globe, il prit ma partition et le lendemain matin il m'y dirigeait , moi au piano… par c?ur !"
Emile Naoumoff est egalement enseignant, ancien Professeur au conservatoire de Paris, il enseigne desormais a Bloomington, et a cree une academie au Chateau de Rangiport :"Depuis plus de 12 etes j'ai vu a mon academie une petite famille d'eleves s'epanouir : Francesco Schlime, Jean Frederic Neuburger , Julien Quentin , Simon Zaoui, Bertrand Chamayou , pour n'en citer que quelques uns des debuts d'alors sans offenser ceux en devenir du present. Ils sont par leur travail le temoignage vivant de l'idee de la pedagogie de mademoiselle Boulanger : devenir pleinement eux-memes dans leur diversite".
 

« Ce jeune garçon est une révélation pour moi : je suis ému parce qu'il s'est révélé un pianiste avec une imagination, un sens du style (...),  une précision étonnante, une richesse d'images et je voudrais lui faire mes voeux les plus sincères » 
Aldo Ciccolini, 2006

«  (…) Le raffinement et la souplesse du toucher, la solidité et la clarté des articulations, mais surtout l’amour éperdu pour les œuvres qu’il choisit d’interpréter, passion qu’il fait partager au public (…)
Sud-Ouest, août 2009

Pianiste éclectique, curieux, grand lecteur de musique et de littérature, Simon Zaoui a récemment participé à la création mondiale de la sonate dite « de Vinteuil » du compositeur Claude Pascal, sur les traces de Proust à Cabourg.

Depuis une dizaine d’année, Simon Zaoui est invité à se produire en soliste ou en musique de chambre au Brésil, au Japon, en Allemagne (Ruhr Klavier Festival) , en Suisse,  en Angleterre, dans le Maghreb et le Machrek, en Israël,  ainsi  que dans les plus grandes salles et festivals français parmi lesquels : le festival de La Roque d’Anthéron, Piano aux Jacobins à Toulouse, les Serres d’Auteuil, la « Folle Journée » de Nantes, le festival des Arcs, au « Moments musicaux » du Théâtre du Châtelet, à la Cité de la Musique et à la salle Olivier Messiaen de Radio-France comme soliste avec l’Orchestre du Conservatoire de Paris…

Il est depuis 2009 pianiste et pianofortiste préféré l’ensemble Matheus de Jean-Christophe Spinosi et participe à de nombreux projets sur instruments modernes et anciens comme soliste et en musique de chambre (citons en décembre 2010 le double concerto de Mozart au Quartz de Brest et au TAB de Vannes)

Il est également directeur artistique du Cycle Musical de la Chapelle de Kersaint-Landunvez, ou il programme aussi bien de la musique dite « classique », mais aussi du jazz et de la musique du monde

Ses partenaires réguliers sont Sarah et Déborah Nemtanu, Pierre Fouchenneret, les quatuors Voce, Ebene, Modigliani et Psophos…

Simon Zaoui a travaillé sous l’œil attentif d’Emile Naoumoff, puis au CNR de Boulogne-Billancourt avec Marie-Paule Siruguet, Hortense Cartier-Bresson et Xavier Gagnepain. Il y obtient un  premier Prix de piano ainsi que trois premiers Prix de musique de chambre. Puis il est l’élève d’Alain Planès et d’Emmanuel Strosser au Conservatoire de Paris (CNSMDP), de  Patrick Cohen pour le pianoforte et de Jeff Cohen pour l’accompagnement vocal.

Il obtient des mentions Très Bien aux Récitals du Prix de piano et de musique chambre.
Admis en cycle de perfectionnement au CNSMDP dans la classe de Claire Désert, il part ensuite travailler avec Tuija Hakkila à l’Académie Sibelius d’Helsinki.

Il se perfectionne également auprès d'Aldo Ciccolini, Robert Levin et Menahem Pressler et reçoit les conseils de Pierre-Laurent Aimard, Jean-Claude Pennetier et Christian Ivaldi.

Il remporte le premier Prix et le « Prix Fauré » du Concours International de piano de Brest ainsi que le deuxième Prix du C.I. Jean Françaix. Il est également récompensé par le Prix du Rotary-club de l’académie Maurice Ravel. Il obtient un deuxième Prix et un prix spécial « musique française » au C. I. de musique de chambre  de Guérande en duo avec Sarah Nemtanu. Il reçoit également le soutien du mécénat musical Société Générale et de la fondation Meyer.

Est prévue cette année la sortie d’un disque de mélodies et de pièces pour piano inédites de Charles Gounod en collaboration avec le ténor David Lefort pour le label Hortus (été 2011), ainsi que la sortie du premier enregistrement de la sonate pour violon de Claude Pascal pour le label Polymnies avec la violoniste Yuri Kuroda.


Guest 2011

Jacques Loiseleur des Longchamps, chanteur Yuko Uebayashi, compositeur